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Planning Familial

 
1 - Maturité sexuelle, mise à la reproduction
2 - Cycle sexuel
3 - Saillie
4 - Gestation
5 - Mise bas
6 - Allaitement
craquant ?
   


4 - Gestation

a - le déroulement

Il ne se passe pas grand chose pendant cette période qui dure de 111 jours. Même si l’on a pu constater des mises bas à 118 jours, il est vivement conseillé de voir un vétérinaire dès le dépassement du terme. La femelle prend peu de poids, mange plus et n’a pas d’activité particulière pendant les deux premiers tiers de la gestation. Les fluctuations de poids sont fréquentes. La certitude n’est acquise que si cette augmentation persiste après le 45ème jours, d’autant plus si la femelle ne revient pas chaleurs pendant cette période.
Les tétines gonflent et rosissent significativement après le premier mois également mais c’est un signe assez difficile à repérer, surtout sur des femelles qui ont déjà eu plusieurs portées.
Certaines femelles un peu caractérielles deviennent plus dociles et plus gentilles pendant leur gestation. Leur caractère de cochon refait surface dès la ”libération”.

La radiographie permet de confirmer une gestation à partir du 40ème jour.
L’échographie se développe, même pour nos rongeurs. Personnellement, j’ai eu la possibilité d’essayer sur la mère de mon chinchilla ainsi que sur d’autres femelles. Il doit être possible d’avoir un diagnostic de certitude dès 30 jours. Mais à l’heure actuelle, aucune norme n’existe. De plus, on ne peut pas raser l’animal pour le passage de la sonde et le gel à échographie oblige la femelle à une longue toilette, ce qui n’est pas agréable pour elle.
Contrairement à la lapine, qui a son ventre plus souple, il n’est pas possible de faire une diagnostic par simple palpation. On peut sentir les petits bouger par simple apposition de la main sur le ventre à partir de 90 jours.

b - les préparatifs

La femelle chinchilla ne fait pas de nid. Comme c’est une espèce nidifuge, elle n’y apporte pas vraiment d’attention. Elle choisira juste un coin calme et sombre dans la cage. A l’approche de la mise bas, faites une bonne fois pour toute sa litière pour les 15 prochains jours. Elle n’aime pas trop être dérangées au début.
Il ne faudra pas donner le bain de sable la semaine qui précède et qui suit la mise bas. En fin de gestation, il peut y avoir des risques de torsion utérine. C’est très douloureux pour la femelle qui se retrouve dans l’incapacité de faire ses petits. Proche de l’état de choc, l’intervention chirurgicale étant pourtant indispensable, la mortalité est très importante. Après la mise bas, tant que le vulve et le vagin ne se referment pas correctement, il y a le risque qu’elle développe une infection utérine.

Attention : Si vous avez le couple, il faut les séparer de préférence avant ou, au maximum, juste après la naissance car la femelle peut revenir en chaleur dans les heures qui suivent, ce pendant quelques jours (2 à 4) et se faire reprendre aussitôt. L’ovulation est là par contre prévisible 30 à 48 heures après la mise bas. Cette saillie est fécondante dans 75% des cas mais deux gestations aussi rapprochées peuvent fatiguer énormément la mère et comprometre sa survie ainsi que celle de toute sa descendance.
En élevage, ainsi que dans la nature, la femelle fait deux portées par an, la deuxième correspondant à l’oestrus post-partum. Nous le déconseillons fortement pour le particulier.

Par la suite, le mâle est actif dans l’éducation des jeunes et il faut le remettre avec sa petite famille, 3 jours après la mise bas.

c - les problèmes

La femelle peut avorter en cours de gestation pour plusieurs raisons :
- croisement létaux des mutants colorés,
- stress, bruits, changements brutaux,
- mauvais état général pendant la saillie, femelle trop fatiguée, alimentation de mauvaise qualité et carencée (essentiellement en calcium et vitamine A),
- infection latente de l’utérus.
L’avortement est souvent précoce et donc rarement détecté par le propriétaire. S’il est plus tardif, la femelle a souvent ingéré ses petits. Elle a le poitrail mouillé et des pertes. Il ne faut pas hésiter à l’amener chez son vétérinaire, même si elle se porte bien en apparence, au moins pour vérifier que l’utérus est totalement vide.


En fin de gestation, la femelle peut être légèrement constipée (comprimée par ses petits). Il suffit de limiter la quantité de granulés et privilégier le foin jusqu’à ce que le transit redevienne normal. On pourra également rajouter une petite tranche de pomme à sa ration.


5 - Mise bas

a - le déroulement

Peu de signes vous permettront de guetter cette naissance. La femelle reste le plus souvent en bas de la cage et ne monte plus sur les planches. Elle cherche une position confortable pour se coucher, ce qu’elle trouve rarement, et elle tourne donc en rond.
Les contractions commencent une demi heure avant la première expulsion. Elles sont violentes et très visibles. La femelle se plie puis se détend, se lèche, jusqu’à ce que la poche des eaux se perce. On la retrouve donc souvent le ventre et le museau tout mouillé.
La mise bas a souvent lieu au petit matin (aussi la nuit, en soirée mais rarement en journée) et lorsqu’on se lève, on a déjà tout raté. Elle accouche assise, le tire délicatement en déchirant les enveloppes du même coup avec les dents, coupe le cordon et mange le placenta qui suit immédiatement le petit (rempli de nutriments et de vitamines, même si c’est dégoûtant, il faut la laisser faire). Elle le lèche ou le pince pour le stimuler puis se consacre au suivant. Les naissances sont rapprochées (15 mn) mais il peut s’écouler jusqu’à une heure entre deux, surtout pour les primipares (femelles qui portent pour la première fois). Elle peut également changer d’endroit pour faire le suivant. En tout, il faut compter 3 à 4 heures.
Elle passe ensuite un long moment à nettoyer et sécher tout le monde. Puis, elle s’occupe enfin d’elle pendant que les petits commencent à téter.

Les petits chinchillas naissent tout poilus et les yeux ouverts... de vraies petites miniatures. C’est une espèce nidifuge. Leur nombre varie de 1 à 4 (mais c’est exceptionnel), la majorité en font 3. Ce nombre diminue avec l’âge. Ils pèsent de 35 à 50 grammes.

b - l’alerte

La femelle est en position mais rien ne sort depuis longtemps et elle pousse même des petits cris plaintifs. Un petit est certainement coincé dans le bassin parce qu’il est trop gros ou se présente mal. La poche des eaux ne doit pas être rompue depuis plus d’une heure et le déroulement de la mise bas ne doit pas dépasser 5 heures.
Il faut l’amener d’urgence chez un vétérinaire qui prendra la décision ou non, selon le cas, de pratiquer une césarienne.


6 - Allaitement

a - le déroulement

Les jeunes chinchillas vont rapidement commencer à téter en se réfugiant au chaud sous le ventre de maman. Même si anatomiquement la femelle possède 3 paires de mamelles, seule une paire fonctionne. Cela veut dire qu’à partir de 3 petits, il faut s’assurer que tout le monde tète à tour de rôle et que personne ne se retrouve à l’écart dans la cage. Une pesée quotidienne, à heure fixe, est le meilleur moyen de s’assurer des progrès de chacun.
La lactation peut durer jusqu’à 8 semaines. On conseille de pratiquer le sevrage vers 6 semaines (avec un poids moyen de 250 g). Les petits sont séparés de leur mère. Cette dernière sera nourrie uniquement d’eau et de foin pendant 24 heures (pour stopper la production de lait).
Le petit chinchilla est capable de manger solide, par imitation des parents, dès la fin de la première semaine. Il grignotera du foin dès le deuxième ou troisième jour.
Le mâle soulage énormément la femelle pendant cette période. Ils se relaient pour leurs tenir chaud, sous le ventre. C’est un excellent papa poule.

Il n’y a pas de cas de cannibalisme avéré chez les chinchillas (contrairement aux dègues).

d - les anomalies

La mère refuse d’allaiter ses petits. Elle est fiévreuse, apathique et ses mamelles sont bouillantes. Elle fait certainement une mammite (infection des mamelles). Il faut rapidement l’amener chez un vétérinaire et alimenter les petits au biberon jusqu’à leur sevrage. C’est du essentiellement au fait que les petits ne sont pas tendres. Ils lacèrent les mamelles avec leurs petites dents et leurs griffes. Mais c’est un accident qui est heureusement très peu fréquent voire même anecdotique.
Avec les mêmes symptômes mais avec des écoulements à la vulve plusieurs jours après la mise bas, elle peut alors faire une infection de l’utérus. Également très grave, cela nécessite une visite rapide chez votre vétérinaire. Ces infections sont plus fréquentes que les mammites. Il faut être vigilant et très prudent vis à vis d’écoulements suspects persistants et nauséabonds, avec une vulve qui reste béante.

La mère tremble souvent, ne mange plus, ne s’occupe plus des petits, le plus souvent une dizaine de jours suivant la mise bas. Les premiers signes sont souvent des difficultés à se déplacer ou à manger. C’est ce que l’on appelle une Eclampsie qui est l’expression d’une chute de la quantité de calcium dans le sang. L’évolution est dramatique, avec des convulsions, un coma puis la mort.
Il faut rapidement l’amener chez le vétérinaire mais dès les premiers signes, il est souvent trop tard.
C’est un problème qui survient essentiellement quand une femelle allaite et attend des petits en même temps. Le calcium est mobilisé et pour le lait et pour la croissance des fœtus. L’émail des dents habituellement orange chez l’adulte vire au blanc. C’est un signe d’alerte avant drame facile à contrôler au quotidien. A l’extrême, on a même des malocclusions dentaires qui sont difficilement récupérables. La femelle cesse de s’alimenter mais reste intéressée lorsque l’on distribue la nourriture. Elle salive beaucoup et son poitrail est mouillé. Il faut rapidement l’amener chez votre vétérinaire avant qu’elle ne s’affaiblisse.

Attention : Il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse et vouloir prévoir ce phénomène en donnant du calcium pendant la gestation. Cela aurait pour effet d’augmenter rapidement la taille des petits et rendre indispensable l’intervention du vétérinaire avec une césarienne. La meilleure prévention est d’espacer au mieux les portées, et de complémenter la femelle pendant l’allaitement. Ses besoins augmentent mais un aliment de bonne qualité suffit, en quantité adaptée (plus importante, du moins au début de la gestation ; elle mange moins vers la fin car les petits compriment son estomac).

e - l’allaitement artificiel

Le succès est souvent mitigé. Les petits, entièrement formés grignotent très rapidement, dès les premiers jours. Passée la première semaine, on a bon espoir que cela réussisse. Par contre, la période du sevrage est alors beaucoup plus délicate et il arrive qu’il y ait des mortalités après plusieurs semaines de biberons sans aucun problème.
Le mieux c’est d’arriver à les faire adopter par une autre mère et de simplement complémenter. L’adoption est intéressante pour le petit qui bénéficie d’un lait naturel, d’une présence chaleureuse et d’une bonne socialisation. Si les mises bas des deux femelles sont proches, on frottera le petit orphelin avec le placenta d’un des petits de la mère adoptive. Sinon, on masquera l’odeur de chacun avec une goutte d’essence aromatique pour “harmoniser” la portée afin que la femelle ne puisse différencier ses petits du jeune orphelin.
Le lait maternisé pour chiots - chatons (le lait de marque TVM, disponible chez votre vétérinaire possède d’ailleurs un dosage adapté aux rongeurs ) se rapproche idéalement du lait naturel. Il est porté à 37° et donné au rythme de 2 à 3 ml toutes les 3h les 15 premiers jours (en se levant au moins deux fois dans la nuit). Ensuite, on pourra les espacer environ toutes les 6 heures. Le petit absorbera en moyenne 5 ml jusqu’au sevrage que l’on pourra faire vers 5 semaines.
Les tétines de biberon sont souvent un peu grosses. Il suffit alors de faire perler le lait au bout d’une seringue, petit à petit. Mais attention à ne pas forcer la dose trop vite car la “fausse route” (fausse déglutition) sera fatale au petit chinchilla. C’est un accident qui reste malheureusement fréquent.
On peut également rajouter à cela de temps en temps une flore digestive artificielle (à ce procurer chez votre vétérinaire) pour aider le jeune chinchilla dans ces premières semaines.

Parallèlement, il faudra, à l’aide d’un petit chiffon humide, nettoyer les fesses et masser le ventre afin de stimuler le besoin de faire pipi et les crottes. C’est nécessaire les deux ou trois premiers jours environ puis ils se débrouillent. Si aucun adulte ne peut s’occuper de lui, il faut les maintenir dans une atmosphère chaude et bien les sécher de suite après la naissance.
Dès le deuxième jour, vous proposez du foin qu’ils grignoteront par jeu. Sans le savoir, ils habituent leur système digestif à une alimentation riche en fibres qui leurs sera vitale à l’âge adulte.
Ils prendront leur premier bain de sable minimum une semaine après leur naissance.

Avec toutes ces informations, je vous souhaite tout plein de petits bouts de choux...


   
   

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